L’état haïtien peut-il aujourd’hui financer unearmée entièrement professionnelle au niveau technologique élevé ? Peut-il maintenant assurer l’éducation civique continue d’une nouvelle force militaire pour éviter les dérapages du passé engendrés par des problèmes sociaux endémique tels : la corruption, le manque de capacités techniques, les violations des droits humains, le manque de transparence et de contrôle, la criminalité et la violence armée ?Il ne faut pas oublier que l’institution militaire haïtienne connue sous le nom des FADH a été dissoute il n’y pas longtemps pour ses actes arbitraires, coups d’état, violations des droits de la personne, exécutions sommaires…Une force soit disant de protection mais qui a prouvé durant toute son existence que ses principaux attributs ne sont que les coups d’état et la répression de la population haïtienne. L’armée haïtienne telle que nous nous en souvenons, a été une source constante de conflit et d’insécurité pour les citoyens haïtiens. Souvent mal rémunérés, leurs membres se livraient au vol et à l’extorsion simplement pour pouvoir vivre. Aujourd’hui encore, on observe chez l’haïtien des sentiments d’amertume et de désenchantement à la pensée d’une armée d’horreur et d’atrocité. Les cicatrices sont encore palpables puisque la police haïtienne continue à perpétrer des violations fragrantes des droits de la personne quoique le taux ne soit pas aussi élevé que durant l’ère militaire en Haïti.
A part les militaires indigénistes ayant aboutit à l’indépendance d’Haïti, que l’haïtien peut compter comme un patrimoine national, toutes autres formes de police et de milice en Haïti ne font depuis des décennies, qu’opérer au détriment de la nation Haïtienne.Le caractère budgétivore d’un réplica de la FADH le rend aujourd’hui encore moins attrayant. La précarité des conditions financières d’Haïti n’est pas propice pour le moment à la remobilisation d’une armée nationale. Il faut à tout prix éviter les erreurs du passé comme de donner des armes à des individus mal entrainés, non-qualifiés, sous-payés qui ne pensent qu’à rançonner la population dans son ensemble pour palier à leurs problèmes économiques.
Nos chefs d’état utilisaient avant tout l’armée pour se maintenir au pouvoir, réprimer les manifestations populaires sans aucune considération pour le peuple haïtien. La FADH a été détruit de son propre gré, si Michel Joseph Martelly veut garder le pouvoir, il ne peut le faire que démocratiquement en assurant de ce fait les besoins vitaux du peuple. Les vieux jeux de 1980 ne peuvent pas se rééditer et Haïti a d’autres projets plus pressants dans le court terme et pour lesquels nous n’avons pas encore de capitaux. Reconstituer une armée sous l’égide d’institutions faibles telles qu’elles existent aujourd’hui ne fera qu’aggraver la situation précaire dans laquelle sévit le pays depuis trop longtemps.
Notons simplement que le rôle principal de l’armée militaire est de s’occuper de la sécurité extérieure et de la défense des frontières ; alors que celui de la police est d’assurer la sécurité intérieure. Ne serait-il pas préférable pour le bien d’Haïti et de son peuple, que le gouvernement du président Martelly axe ses priorités sur l’importance d’une meilleure police haïtienne puisqu’aujourd’hui c’est plutôt la sécurité intérieure qui est menacée ? Ce qu’il faut à Haïti c’est une police bien entrainée capable d’assurer la sécurité intérieure et à même de prendre la relève de la Minustah.
Il convient néanmoins de rester prudent et insistersur le fait que nous ne sommes pas contre l’existence d’une armée haïtienne. Par ailleurs, nous pensons que le contexte actuel n’est pas propice à la mobilisation d’une armée nationale construite à la va-vite. Le développent du pays à travers l’agrandissement de l’assiette fiscale peut éventuellement créer l’atmosphère propice a une armée d’Haïti a une date ultérieure, pour l’instant cette idée de remobilisation sur quelque soit la forme doit être un projet axé sur le futur développement économique du pays calibrée sur un taux de croissance bien définis et un bien être social en Haïti basée sur les indices de comparaison mondial. Nous du projet prioritaire haïtiens prônons une Haïti libre et économiquement indépendante et l’institution militaire sans une base de revenue interne pour le supporter va augmenter la dépendance d’Haïti des pays dits amis. Une nouvelle force militaire doit être fondée sur des normes démocratiques et le respect des droits du citoyen haïtien. Elle doit apprendre à se conformer aux principes fondamentaux des lois qui régissent le pays. Elle doit être établie sur un processus et une politique clairement définis qui visent à améliorer ses capacités institutionnelles et humaines pour que la politique de sécurité du pays arrive à fonctionner efficacement et équitablement.
Si Michelle Martelly remobilise l’armée sur quelque soit la forme ou juste par une simple déclaration tandis que les victimes du séisme croupissent encore dans la crasse, souffre d’une manque d’électricité endémique, les routes ne sont pas construites, le taux de chômage ne se rabaisse pas, les gens n’ont pas plus d’accès a la communication, la sante, l’internet , le cout de la vie continue a grimper, il serait méchant de sa part de parler d’une institution aussi bidon, tandis que les besoins prioritaires du pays n’ont pas encore été abordés adéquatement.
Ajoutons au passage le préambule de la constitution de 1987 qui dans son énoncé montre déjà clairement à un gouvernement munis ou non-muni d’un plan de développement les traces à suivre pour offrir un mieux être à un peuple qui pendant plus que 200 ans est en quête de vivre dans la dignité. Vivre dans la dignité ne nécessite pas un composant militaire.Le Peuple Haïtien proclame la présente Constitution : Pour garantir ses droits inaliénables et imprescriptibles à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur ; conformément à son Acte d'indépendance de 1804 et à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948.
Pour constituer une nation haïtienne socialement juste, économiquement libre et politiquement indépendante.
Pour rétablir un État stable et fort, capable de protéger les valeurs, les traditions, la souveraineté, l'indépendance et la vision nationale.
Pour implanter la démocratie qui implique le pluralisme idéologique et l'alternance politique et affirmer les droits inviolables du Peuple Haïtien.
Pour fortifier l'unité nationale, en éliminant toutes discriminations entre les populations des villes et des campagnes, par l'acceptation de la communauté de langues et de culture et par la reconnaissance du droit au progrès, à l'information, à l'éducation, à la santé, au travail et au loisir pour tous les citoyens.
Pour assurer la séparation, et la répartition harmonieuse des Pouvoirs de l'État au service des intérêts fondamentaux et prioritaires de la Nation.
Pour instaurer un régime gouvernemental basé sur les libertés fondamentales et le respect des droits humains, la paix sociale, l'équité économique, la concertation et la participation de toute la population aux grandes décisions engageant la vie nationale, par une décentralisation effective.
Projet Prioritaire Haïtien (PPH)








